Présence exceptionnelle de Jean Malaurie à Blois aux 21es Rendez-vous de l’Histoire

Professeur Jean MALAURIE est invité en qualité de « Grand témoin », une place d’honneur, le dimanche 14 octobre à 10h, pour un débat d’une heure animé par le rédacteur en chef de la revue L’Elephant, à l’occasion du plus grand festival des idées en France, LES RENDEZ-VOUS DE L’HISTOIRE – La puissance des images – à Blois.

Oser, Résister – La sagesse des peuples premiers – Sciences et Avenir

Sciences et Avenir - Août 2018 - N°858
La sagesse des peuple premiers

CHAMANISME Mordant, inspiré, Jean MALAURIE […] revient sur son parcours de scientifique et de réfractaire. Le géomorphographe, qui aime à dire qu’il parle avec les pierres – « le son d’une pierre est une parole » – et a été initié au chamanisme, se bat depuis les années 1950 pour les Inuit de Thulé au Groenland, menacés notamment par une base nucléaire américaine. Il nous invite à ralentir nos destructions, à réfléchir à la sagesse des peuples premiers et moque les scientistes, les marxistes ou les Occidentaux aussi obtus qu’imbus d’eux-mêmes. Il appelle à oser, résister et s’aventurer pour « ne pas devenir un peuple de fourmis, manipulé par le verbe, l’image et l’informatique ».

R.M.

LE TEMPS D’UN BIVOUAC – Jean MALAURIE – radio France Inter

Émission "LE TEMPS D'UN BIVOUAC" sur la radio France Inter - mardi 24 juillet 2018

Jean MALAURIE et les Inuits de Thulé

Le temps d’un bivouac, Jean MALAURIE nous emmène à la rencontre d’un peuple légendaire : les Inuits de Thulé.

Contrée la plus septentrionale de la Terre, Thulé a longtemps été une terre de mystères, attirant les grands explorateurs des pôles.

C’est en 1950 que Jean MALAURIE découvre pour la première fois le peuple mythique qui l’habite. Fasciné par la vie de ces Inuits qui savent écouter la nature, le géographe partage leur quotidien : il apprend la langue, écoute les mythes sacrés et découvre la « pensée sauvage ». Mais en 1951, ce territoire fragile se retrouve menacé par l’installation d’une base nucléaire. En fervent défenseur des régions polaires, Jean Malaurie écrit Les derniers rois de Thulé et fonde la collection Terre Humaine, avec l’idée de faire s’exprimer les « populations de culture orale, dont la parole est confisquée ».

Il nous raconte ses expéditions dans le Grand Nord et nous fait part de son combat pour la défense des minorités. Jean MALAURIE rappelle que l’Arctique rentre dans une aire turbulence, une tension politique où la Chine devient une puissance polaire majeure. Elle vient d’installer une station d’études arctiques en Islande dotée de moyens financiers considérables et guettant dangereusement le Groenland.

Professeur MALAURIE profite de son passage sur les ondes de la radio France Inter pour relayer l’appel du Député au parlement groenlandais, Per ROSIN-PETERSON, personnalité autochtone, et membre de la Commission pour la rédaction d’une Constitution, qui demande à la France d’aider le Groenland à obtenir son indépendance et entrer dans l’Union Européenne.

(Ré)écouter l’émission :
https://www.franceinter.fr/emissions/le-temps-d-un-bivouac/le-temps-d-un-bivouac-24-juillet-2018-0

Les combats de Jean MALAURIE – Les Echos

Journal Les Echos - 5 juillet 2018 - par Marianne BLIMAN
Dans « Oser, résister », le scientifique, spécialiste du Grand Nord, nous fait partager ses réflexions sur les peuples autochtones et l’enseignement supérieur et la recherche, entre autres. Il revient sur nombre des étapes de son parcours. Stimulant !

Le propos. A 95 ans, Jean Malaurie n’a rien perdu de sa verve. Dernière preuve en date : « Oser, résister ». Il y plaide – comme il l’a déjà fait à de nombreuses reprises auparavant – la cause des peuples autochtones. Evoquant, par petites touches tout au long du texte, certains moments de ses si nombreuses expéditions dans le Grand Nord, en particulier au Groenland. Par ailleurs, il ne manque pas de porter un regard (très) critique sur le système universitaire français, recherche comprise. Malgré des passages d’un égocentrisme envahissant, son dernier livre permet de se (re)plonger dans le parcours exceptionnel de cet explorateur et scientifique précurseur.

L’auteur. Jean Malaurie a consacré sa carrière à des études d’anthropogéographie arctique et de développement des populations esquimaudes et nord-sibériennes, notamment. Directeur émérite au CNRS et à l’EHESS, il a fondé la collection Terre Humaine (éditions Plon), lancée en 1955 avec son livre « Les Derniers Rois de Thulé » et « Tristes Tropiques », de Claude Lévi-Strauss.

La citation.« Homme des origines, je ne cesserai jamais ce combat en faveur des peuples autochtones, de toutes minorités et particulièrement venant du fond des âges. C’est un ethnocide intolérable. L’humanité est riche de la diversité culturelle et ethnique, et l’Unesco assiste tous les quinze jours à la disparition d’une langue. »

Marianne BLIMAN
https://www.lesechos.fr/idees-debats/livres/0301905839657-les-combats-de-jean-malaurie-2189993.php

L’INVITÉ D’ALI BADOU – Jean MALAURIE – radio France Inter

Émission "L'invité d'Ali BADOU" sur la radio France Inter - vendredi 22 juin 2018

Jean MALAURIE : « J’ai été happé par le taoïsme, champ de connaissance qu’on n’enseigne pas en faculté »

Géographe, ethnologue, défenseur des minorités du Grand Nord et fondateur de la collection « Terre Humaine » chez Plon, il est le premier Européen à avoir atteint le pôle géomagnétique nord et à avoir partagé la vie des derniers esquimaux polaires : Jean Malaurie est l’invité d’Ali Baddou.

Jean Malaurie explique comment, à l’âge de 27 ans, il découvre le taoïsme, « un immense champ de connaissances du monde, initié quatre siècles avant Jésus-Christ par Lao Tseu, un sage chinois qui a une perception de la respiration embryonnaire de la nature ».

Il faut savoir ce que l’on veut faire de sa vie, car on est entre la vie et la mort.

Et de le recommander à Nicolas HULOT : « Il faut qu »il reste silencieux devant les monts d’Arrée, les mers déchaînées et qu’il respire la nature. »

« Je me suis attachée aux pierres. La géocryologie m’a fait comprendre qu’il y a là une homéostasie. Les Inuits m’ont enseigné l’animisme, pas simplement de l’agitation, des idées de païens écervelés, mais toute une pensée. »

 

 

 

 

 

 

(Ré)écouter l’émission :
https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-d-ali-baddou/l-invite-d-ali-baddou-22-juin-2018

La Corse entre dans la collection « Terre Humaine »

Journal LE MONDE - Vendredi 25 mai 2018 - Article d'Ariane CHEMIN
Histoire d’un livre. L’île fait sa première apparition dans la prestigieuse collection avec « Une famille corse », où Robert Colonna d’Istria retrace l’immémoriale histoire des siens.
Marchandes de marrons en Corse, carte postale du début du XXe siècle. COLLECTION DUPONDT/AKG-IMAGES

[…]

Son projet atterrit chez Plon un jour de 2016. Il y a plus d’un demi-siècle, en 1955, Jean Malaurie y a créé la mythique collection « Terre humaine ». Jean-Christophe Rufin, écrivain, alpiniste et académicien, a repris la collection il y a trois ans. Il raconte : « Il fallait sortir de la pure anthropologie en vivifiant les deux autres composantes de la collection : la littérature, hier Segalen, aujourd’hui Blas de Roblès, mais aussi la proximité », qui a fait le succès de certains des titres phares, notamment Le Cheval d’orgueil, de Pierre-Jakez Hélias (1975), best-seller d’un prof en pays bigouden. « Le tout sans oublier cette dimension de résistance chère à Jean Malaurie », qui, à 95 ans, continue de veiller sur la collection : « Ces voix offertes aux lecteurs, en rupture avec l’Université, à la fois sujets et objets de leurs livres. »

Jamais « Terre humaine » n’avait goûté à la Corse. Alors, quand Rufin et l’éditeur Grégory Berthier-Gabrièle reçoivent le « mémo » d’un certain Colonna d’Istria, soucieux de n’écrire « ni exactement un livre de sociologue, ni de parfait anthropologue, mais un livre des souvenirs »autour d’un patronyme, ils disent « banco ! »

[…]

Ariane CHEMIN

Retrouvez la suite de l’interview sur lemonde.fr :
https://www.lemonde.fr/livres/article/2018/05/26/la-corse-entre-dans-la-collection-terre-humaine_5304969_3260.html

Jean Malaurie : roi de Thulé

Géographe et ethnologue, il connaît mieux que personne les Inuits du Groenland. Il rédige aujourd’hui ses Mémoires et vient de remettre ses documents aux Archives nationales.
photo prise le 03 mai 2001 à Paris de l’anthropogéographe et écrivain français Jean Malaurie, fondateur et directeur de la collection anthropologique « Terre Humaine » (PLon). AFP PHOTO PIERRE ANDRIEU

Je vous épargne les détails… » Mon Dieu, mais qu’est-ce que ce serait dans le cas contraire ! Le fait est que l’âge n’a pas entamé chez cet homme d’un charme fou le goût irrépressible de raconter en s’autorisant toutes les digressions. Et comme il sait jouer de sa voix chaleureuse, de sa prodigieuse mémoire et de sa puissance d’évocation, on se résout à rater le rendez-vous suivant, surtout lorsqu’il prévient : « Il faut toujours garder la part des ombres et il y en a encore chez moi… »

Explorons donc le passé de l’explorateur. Famille bourgeoise de la droite catholique normande tendance janséniste (« pour tous la prière tous les soirs à genoux »), père professeur agrégé d’histoire (« malgré l’hostilité d’Albert Mathiez ! »), hypokhâgne au lycée Henri-IV dans une classe dominée par le doux magistère d’Alain, le STO qui pousse au refus et à l’entrée dans la Résistance ponctuée par une prudente injonction de sa mère (« Ne reviens jamais, tu as des frères et soeurs »).

De la guerre, il a tiré une morale après avoir vu les grandes institutions se coucher. Libre du jour où il s’est lui-même libéré, il ne tarde pas à obéir à sa passion : comprendre l’origine de l’univers, en choisissant la géographie dans un milieu où tant d’historiens l’appelaient « la géo » non sans mépris. Jean Malaurie préfère se souvenir de l’éblouissement que provoqua en lui la rencontre de Lucien Febvre, « un génie ! ». Mais sa discipline, dès le début, c’est la géographie physique dont il s’éprend rapidement. Ce qui ne l’empêche pas, aujourd’hui encore, d’être aussi présenté comme ethno-historien.

De là lui vient une certaine exigence doublée d’une puissante détermination. Deux choses essentielles lui arrivent. La première, il est investi par le CNRS en 1950 d’une mission, « en solitaire, c’est le plus important », à Thulé (Groenland). Il y établit, sur quatre générations, une généalogie inédite d’un groupe de 302 Inughuits, peuple le plus septentrional de la Terre, et met au jour une planification tendancielle afin d’éviter les risques de consanguinité. La seconde « chose essentielle » est un cadeau de la nature. Un don de prescience sauvage qui fait probablement de lui le seul directeur de recherche au CNRS à fonctionner avec des appels depuis qu’en l’accueillant à Thulé le grand chaman lui a dit : « Je t’attendais. » Cela peut aller loin puisqu’il a choisi son épouse à l’écoute du seul son de sa voix. Quand il y croit, il y croit.

En 1955, il crée « Terre Humaine » chez Plon. Rarement une collection aura à ce point mérité ses lauriers : « Une comédie humaine à l’échelle du monde ! »lance-t-il non sans fierté. Des anthropologues, des ethnologues et de grands voyageurs – mais aussi des ouvriers et des paysans fiers de leur tradition orale – osent écrire à la première personne, contre l’esprit dominant de la vieille Sorbonne, emmenés par un agitateur animé du désir que l’histoire soit « non une addition de ghettos, mais de rencontres ». Ainsi, il impose les souvenirs de paysan bigouden de Pierre-Jakez Hélias dont il maintient le titre Le Cheval d’orgueil contre la volonté du patron de la maison d’édition, Sven Nielsen, qui voulait les rebaptiser « Mémoires d’un plouc ».

La maquette du navire de Charcot

Chaque lecteur fidèle de la collection a ses titres préférés : aux uns Tristes tropiques de Lévi-Strauss et Les Derniers Rois de Thulé. Avec les Esquimaux polaires, face à leur destin de Jean Malaurie, aux autres Louons maintenant les grands hommes de James Agee, avec l’inoubliable reportage photo du grand Walker Evans, une enquête effroyable sur la misère en Alabama à travers le destin de trois familles de métayers, parue aux États-Unis en 1939 ou les Carnets d’enquêtes de Zola que tous les gens de cinéma devraient considérer comme un bréviaire du repérage… Tant de « déjà classiques » parmi eux ! Un titre manque à l’appel dans un catalogue dont Jean Malaurie peut s’enorgueillir car il est son oeuvre : Les Esprits des feuilles jaunes (1955) de Hugo Adolf Bernatzik, annoté par Georges Condominas, ethnologue spécialiste de l’Asie du Sud-Est. Le livre avait été définitivement exclu du catalogue quand Jean Malaurie avait appris le passé nazi de l’ethnographe autrichien. Longtemps après, le directeur de collection regrette encore amèrement de ne pas s’être mieux renseigné sur son auteur.

« Terre humaine », on pourrait en parler pendant des heures. D’ailleurs, le voilà qui s’empare du catalogue, s’enfonce dans son fauteuil et détaille voluptueusement chacun des titres. En 2015, l’emblématique couverture ornée d’une photo noir et blanc s’est métamorphosée au moment du passage de relais à l’académicien Jean-Christophe Rufin.

Jean Malaurie est couvert de médailles, distinctions, décorations, titres universitaires ; innombrables sont les instituts et institutions qui portent son nom. Rien n’en transparaît dans le décor de son appartement parisien : une maquette du Pourquoi pas ?, le navire explorateur du commandant Charcot, au-dessus d’une armoire ; l’affiche de l’appel du 18 Juin ; sur un mur des dessins et des masques. Les étagères de sa bibliothèque « polaire » ploient sous le poids de ses livres et de ses contributions à des revues savantes. D’autres y trouveraient matière à se reposer. Pas lui qui bouillonne d’idées, de projets et d’indignations contre ses collègues qui « partent en proclamant faire leur terrain avec une morgue coloniale ! ». Au seul mot de « mondialisation » le voilà qui bondit et s’enflamme, la mèche en bataille. A la seule évocation du nom du géographe Emmanuel de Martonne, son maître, le fil de mille et un souvenirs est tiré mais il peut très bien mener à l’éloge de Pietr-le-Letton, son Simenon préféré. Ou à celui de son ami Paul-Émile Victor, « un homme habile dans le genre de Nicolas Hulot, quelqu’un qui savait où trouver de l’argent » contrairement à lui qui, question argent, aurait plutôt pour héroïne la philosophe Simone Weil à l’usine.

Il met la dernière main à ses Mémoires à paraître en 2019. Infatigable, inarrêtable, intarissable, il ne lâche pas pour autant son combat de toujours : « Si on ne réforme pas l’enseignement supérieur, la France est infidèle à son génie créateur ! » Plaignons les ministres qu’il croisera. Tout en demeurant hors politique il ne s’est jamais empêché de murmurer à l’oreille des chefs d’État et ne se cache pas d’être manoeuvrier quand il faut l’être. Pour sonner le tocsin : le réchauffement climatique, la catastrophe écologique… Tant qu’Emmanuel Macron sera à l’Élysée, Jean Malaurie ne cessera de l’exhorter à s’appuyer là-bas dans le Grand Nord, sur les peuples autochtones dont il a lui-même formé les élites : « Je vais lui conseiller de prendre leur tête ! » Et si le président insiste, il lui parlera de sa foi animiste, de sa manière de courtiser la nature, d’être fidèle à ses lois spirituelles sans oublier qu’elle n’est pas bonne et que Lucifer n’est jamais loin. Il lui transmettra la grande leçon qu’il a tirée de ses années passées avec les Inuits : à l’intérieur de l’igloo, c’est l’exubérance, mais dehors, c’est l’inverse. Là on pense et on s’imprègne jusqu’à en être absorbé. Et de cet état-là aussi Jean Malaurie parle très bien : le silence.

Pierre Assouline dans mensuel 445 daté mars 2018

http://www.lhistoire.fr/portrait/jean-malaurie-dernier-roi-de-thulé

Cérémonie de remise des archives de Professeur Jean MALAURIE

Le 22 novembre 2017, aux Archives nationales de France, a eu lieu la cérémonie de remise des archives de l’explorateur et ethno-historien Jean MALAURIE, dont, notamment, ses archives – cataloguées sur 50 mètres linéaires – du Centre d’Études Arctiques CNRS/EHESS qu’il a dirigé à partir de 1957 .

En présence de nombreux ambassadeurs – son excellence Monsieur Rolf Einar FIFE, Ambassadeur de Norvège, particulièrement attaché aux accords d’Olso ; son excellence Monsieur Claude COTTALORDA, Ambassadeur de la Principauté de Monaco, représentant le Prince Albert II de MONACO, ami de longue date du Professeur ; son excellence Madame Ségolène ROYAL, Ambassadrice des pôles Arctique et Antarctique, manifestant publiquement son intérêt pour la pensée malaurienne ; le représentant de l’Ambassadeur de la Fédération de Russie, le conseiller scientifique Kirill BYKOV – mais également une soixantaine de personnalités – dont Monsieur Valery L MIKEEV, Recteur  de l’Université d’hydro-météorologie russe d’état de Saint-Pétersbourg – de scientifiques, chercheurs, écrivains et amis, Jean MALAURIE a prononcé un de ses discours les plus importants sur la défense et l’écoute des peuples primaires injustement considérés comme inférieurs ; sur l’urgente nécessité de réveiller les élites destructrices de notre planète et de son environnement, ainsi que sur les sciences sociales pouvant aller de l’avant qu’en respectant cette évidence selon laquelle l’homme a un passé biologique, dont les peuples premiers ont toujours eu conscience.

Professeur MALAURIE a conclue son intervention très remarquée en affirmant que le combat de  nos contemporains est de repenser le modèle de l’enseignement supérieur fabricant des exécutants et non des Penseurs !

(de gauche à droite) Françoise BANAT-BERGER, Directrice des Archives nationales de France ; Ségolène ROYAL, Ambassadrice des pôles Arctique et Antarctique ; Pierre-Cyrille HAUTCOEUR, Président de l’EHESS ; Jean MALAURIE – ©JeanMalaurie
Jean MALAURIE (à gauche) accueillant son excellence Monsieur Rolf Ernan FIFE, Ambassadeur de Norvège (à droite) ; Pierre-Cyrille HAUTCOEUR, Président de l’EHESS (au centre) – ©JeanMalaurie
(de gauche à droite) Armelle DECAULNE, chargée de recherches CNRS ; Denis MERCIER, Professeur de universités Paris Sorbonne ; Jean MALAURIE ; Samuel ETIENNE, Directeur d’études EPHE-PSL, spécialiste de  géomorphologie arctique (Islande) et Président du journal du Fonds Polaire Jean Malaurie (seule bibliothèque polaire au Muséum d’histoire naturelle)- ©JeanMalaurie

Le texte de ce discours est destiné à paraitre. Par ailleurs, dans une prochaine manifestation, Jean MALAURIE fera don de ses archives personnelles sur ses expéditions, ses recherches scientifiques et littéraires.

Palais de Soubise – Archives nationales de France

Le viol du mythe de « Thulé » par les nazis : antisémitisme et antichristianisme

Culture et Société
Cahiers Bernard Lazare (Nouvelle série n°397-398 – Septembre-Octobre 2017)

Retrouvez l’interview de Professeur MALAURIE par Léa MOSCONA dans les Cahiers Bernard Lazare (Nouvelle série n°397-398 – Septembre-Octobre 2017).

[EXTRAIT]

<< DE PARIS A THULE : Le destin d’un jeune réfractaire au STO

Toute sa vie, le Professeur Jean Malaurie l’a vécue en inspiré, conduit par une volonté acharnée de comprendre le monde qui l’entoure. Découvrir le mystère des origines, c’est bien son destin, un destin inspiré par le grand paléoanthropologue Pierre Teilhard de Chardin.

Très jeune déjà, Jean Malaurie a une idée de ce qu’il attend de son éducation. Il n’a jamais aimé l’enseignement scolaire qu’on lui impose. Issu d’une famille chrétienne janséniste, bourgeoise et érudite, on attend de lui qu’il ait un poste important ; il étudie, mais sans conviction. « Je me prête, mais je ne me donne pas » dit-il. Il se donnera en effet, mais plus tard, pour une éducation qu’il aura choisie dans ces territoires lointains du Grand Nord avec pour maître le grand Chaman Uutaaq.

En 1943, préparant alors Normal Sup, il est rattrapé par la guerre, le décret Sauckel impose aux classes d’âges de 1920, 1921, 1922, le dégradant STO (Service du travail obligatoire pendant 2 ans, il a concerné 660 000 travailleurs obligatoires pour l’Allemagne nazie).

Se déclarer vaincu, se soumettre à l’Allemagne nazie, JAMAIS !

Il prend en main son destin. Le jeune homme de 20 ans, sait ce qu’il doit faire. Il a ce pressentiment, cette certitude qu’il appellera plus tard « la préscience sauvage ».

Jean Malaurie, réfractaire, entre en résistance. Les temps sont durs, il est d’abord dans le Vercors, clandestin, seul, démuni, activement recherché par la police mais cet instinct primitif le guide.

[…] >>

Terre Humaine à l’honneur

La collection Terre Humaine sera à l’honneur à l’occasion de la 39ème édition du Livre sur la place.

Événement incontournable à Nancy, le Livre sur la Place est le premier salon national de la rentrée littéraire. Romans, essais, bandes dessinées, tous les genres sont représentés au cœur d’un dialogue sous le signe de l’art et de l’esprit, de l’humour et de l’émotion, de la gravité et de la légèreté… À retrouver les 8, 9 et 10 septembre sous le chapiteau, place de la Carrière, de 10h à 19h.

« Nancy reste fidèle à Terre Humaine puisque lors d’une des précédentes éditions, j’ai été l’hôte d’honneur de ce prestigieux salon nancéien du Livre sur la place« 

Jean Malaurie