Terre Humaine à l’honneur

La collection Terre Humaine sera à l’honneur à l’occasion de la 39ème édition du Livre sur la place.

Événement incontournable à Nancy, le Livre sur la Place est le premier salon national de la rentrée littéraire. Romans, essais, bandes dessinées, tous les genres sont représentés au cœur d’un dialogue sous le signe de l’art et de l’esprit, de l’humour et de l’émotion, de la gravité et de la légèreté… À retrouver les 8, 9 et 10 septembre sous le chapiteau, place de la Carrière, de 10h à 19h.

« Nancy reste fidèle à Terre Humaine puisque lors d’une des précédentes éditions, j’ai été l’hôte d’honneur de ce prestigieux salon nancéien du Livre sur la place« 

Jean Malaurie

Hommage à Régis BOYER

Professeur Régis BOYER

La Sorbonne et l’Enseignement supérieur français viennent de perdre un éminent spécialiste de la littérature et de l’histoire scandinave, et plus particulièrement de la culture islandaise. Né le 25 juin 1932 à Reims, Régis BOYER nous a quitté le 16 juin 2017 à Saint-Maur-des-Fossés. Nous nous sommes rencontrés et connus à l’occasion d’une visite de l’université de Uppsala ; elle m’avait invitée à prononcer une conférence sur mes travaux ; il y était lecteur. Je l’ai soutenu pour qu’il ait un poste de Maître de conférences à l’École Pratique des Hautes Études (EPHE), 6ème section (devenue l’EHESS Paris), en tant que Maître-assistant de la Direction d’études arctiques qui m’était alors confiée. Hélas, il n’a pas été élu. Nous avons toujours dû, à l’EPHE, faire face à un manque d’intérêt pour les études scandinaves mais aussi à la « germanitude » (Deuschtum). J’ai toujours protesté contre cette grave lacune.

Heureusement, Régis BOYER a été nommé Professeur de littérature de 1970 à 2001 à la Sorbonne, à la Faculté des lettres. Nous avons maintenu notre étroite collaboration dans les premières années du Centre d’études arctiques ; il y a publié deux ouvrages essentiels : L’islandais des sagas d’après les « sagas de contemporains » Paris 1967 (130 p.); et Le livre de la colonisation de l’Islande (Landnámabók) Paris 1973 (167 p.). Ces deux livres, traduits de l’islandais, ont paru dans les Contributions du Centre d’études arctiques (N°6 et N°10). Ce sont des ouvrages très rares qui nous permettent de comprendre les vikings devenus islandais. Le « miracle islandais » s’explique notamment par le souci de consigner l’histoire de la colonisation progressive de l’île et d’informer chaque citoyen sur l’œuvre entreprise.  Et c’est ainsi que par cette littérature médiévale du XIIe et XIIIe siècles, nous connaissons la vie sociale intellectuelle et économique de la grande île nordique. Hélas, le Groenland, qui s’est construit au XVIIIe et au XIXe siècles dans le métissage, n’a pas bénéficié d’un tel témoignage rédigé par le peuple lui-même, au début de l’évangélisation par Hans EGEDE.

L’islandais des sagas d’après les « sagas de contemporains » Paris 1967 (130 p.); et Le livre de la colonisation de l’Islande (Landnámabók) Paris 1973 (167 p.)

Régis BOYER parlait parfaitement les différentes variantes de l’islandais et maitrisait incontestablement son histoire. Les deux ouvrages cités nous permettent de prendre connaissance, chez le citoyen islandais christianisé, de la conception de ses pères vikings : destin, orgueil, sens de l’honneur, contradiction entre une volonté innée et du sens collectif, matérialisme et passion de l’argent. Le Landnámabók nous ouvre à une intelligence du paganisme nordique ; de ses dieux et de ses mythes (le culte solaire, les géants et les dieux), mais aussi, le culte public, le culte privé (Landvaettir et le culte des morts).

Portrait d’Erik le Rouge tiré de la Gronlandia d’Arngrímur Jónsson (1688)

Le sud-ouest du Groenland a été colonisée par les Vikings (Eric Le Rouge) de 970 jusqu’au XVème siècle. Les patrouilles le long de la côte ouest groenlandaise ont été constantes jusqu’en Terre d’Ellesmere, au XIVème siècle. C’est dire que l’Inuit groenlandais, appelé Esquimau, a été plus au moins marqué par la pensée et l’éthique vikings.

C’est toucher là un problème fondamental dans l’histoire des civilisations : pure et Impure, telle est la première question sur la société Inuit au Moyen-âge. L’historien des mentalités est confronté à cette difficulté de l’analyse du métissage dans l’histoire des civilisations.

L’œuvre de Régis Boyer est considérable ; il a traduit de grands auteurs scandinaves comme Halldór LAXNESS (Islandais) ; Knut HAMSUN et Henrik IBSEN (Norvégiens). Il a assuré plusieurs brillants séminaires au Centre d’études arctiques de l’EHESS.

Que, dans l’esprit du Muspilli, poème de la mythologie païenne, la paix de l’esprit lui soit à jamais assurée.

Jean MALAURIE

Mayence – l’appel du Nord

Je suis né sur les bords du Rhin et de la Forêt noire, à Mayence, où j’ai passé huit ans de ma vie, profondément marqué par les légendes et les dieux germaniques. Le rocher de la Lorelei.

le 5 novembre 2004, Mayence, Mathildenstrasse 14, en présence du bourgmestre Jens Beutel et de l’ambassadeur de France à Berlin Claude Martin.)

« Jean Malaurie, l’explorateur français des régions polaires et écrivain, est né le 22 décembre 1922 à Mayence. Il a vécu dans cette maison jusqu’en 1930. Jean Malaurie est le premier Européen à avoir atteint le pôle géomagnétique Nord (Groenland), en traîneau à chiens, le 29 mai 1951. »