Le viol du mythe de « Thulé » par les nazis : antisémitisme et antichristianisme

Culture et Société
Cahiers Bernard Lazare (Nouvelle série n°397-398 – Septembre-Octobre 2017)

Retrouvez l’interview de Professeur MALAURIE par Léa MOSCONA dans les Cahiers Bernard Lazare (Nouvelle série n°397-398 – Septembre-Octobre 2017).

[EXTRAIT]

<< DE PARIS A THULE : Le destin d’un jeune réfractaire au STO

Toute sa vie, le Professeur Jean Malaurie l’a vécue en inspiré, conduit par une volonté acharnée de comprendre le monde qui l’entoure. Découvrir le mystère des origines, c’est bien son destin, un destin inspiré par le grand paléoanthropologue Pierre Teilhard de Chardin.

Très jeune déjà, Jean Malaurie a une idée de ce qu’il attend de son éducation. Il n’a jamais aimé l’enseignement scolaire qu’on lui impose. Issu d’une famille chrétienne janséniste, bourgeoise et érudite, on attend de lui qu’il ait un poste important ; il étudie, mais sans conviction. « Je me prête, mais je ne me donne pas » dit-il. Il se donnera en effet, mais plus tard, pour une éducation qu’il aura choisie dans ces territoires lointains du Grand Nord avec pour maître le grand Chaman Uutaaq.

En 1943, préparant alors Normal Sup, il est rattrapé par la guerre, le décret Sauckel impose aux classes d’âges de 1920, 1921, 1922, le dégradant STO (Service du travail obligatoire pendant 2 ans, il a concerné 660 000 travailleurs obligatoires pour l’Allemagne nazie).

Se déclarer vaincu, se soumettre à l’Allemagne nazie, JAMAIS !

Il prend en main son destin. Le jeune homme de 20 ans, sait ce qu’il doit faire. Il a ce pressentiment, cette certitude qu’il appellera plus tard « la préscience sauvage ».

Jean Malaurie, réfractaire, entre en résistance. Les temps sont durs, il est d’abord dans le Vercors, clandestin, seul, démuni, activement recherché par la police mais cet instinct primitif le guide.

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