Hommage à Uusarqqaq Qujauqitsoq

Le Professeur Jean MALAURIE adresse à la famille de Uusarqqaq Qujauqitsoq ses sentiments de grande tristesse, ses vives condoléances, pour ce combattant Inuit soucieux de défendre les droits des Inuigssuit à protéger et développer leur indépendance et leur culture.
En 2002, il a reçu l’Award for Bravory de la municipalité de Thulé, et le 9 aout 2016, le Nersornaat en argent. Honneur à ce valeureux inugssuit, dont son grand-père Inukitsupaluk Qujaukitsoq (1890-1967) était aussi mon ami en 1950-1951.
Jean MALAURIE tient à rendre un hommage particulier Uusarqqaq Qujauqitsoq. Il est expression de cette génération de chasseurs éminents que la base américaine de Thulé a bafoué. Il est devenu homme politique, puis de ces intellectuels Inuit, conscient de la folie de la politique de progrès à court terme imaginé par l’Occident. Son grand-prèe était un de mes compagnons, et nous avons conduit plusieurs chasses ensemble en traineaux à chiens. Il était également un ami de Kutsikitoq, et Qaakutsiaq, mes deux valeureux compagnons de mon expédition de 1950-1951.
Uusarqqaq Qujauqitsoq

Uussarqqaq Qujaukitsoq (10 février 1948 – 2 août 2018)

Uussarqqaq Qujaukitsoq (10 février 1948 – 2 août 2018) était un homme politique groenlandais au parti Siumut.

Son père : Qujaukitsoq Qujaukitsoq

Sa mère : Eqilana. ( ? – 1962)

Son grand-père : Inukitsupaluk Qujaukitsoq (1890-1967), participa aux expéditions de Robert Peary, Knud Rasmussen et Lauge Koch.

Le 15 février 1970, Uussarqqaq Qujaukitsoq a épousé  Inger Kristiansen

Le couple a eu 5 enfants, dont Vittus Qujaukitsoq : ministre des finances du Groenland (2013-2014) puis du commerce et des affaires étrangères (2014-2017).

Uussarqqaq Qujaukitsoq a étudié à Qaanaaq, puis à Aasiaat. En 1966, il a quitté le Groenland pour l’école de commerce d’Ikast, au Danemark.

Il a obtenu un diplôme de technicien radio.

De retour à Aasiaat, puis à Qaanaaq, il a travaillé comme responsable du comptoir.

Avec l’expulsion de 1953 pour la construction de la base aérienne américaine, Thulé, son lieu de naissance, est devenu un enjeu politique.

Uussarqqaq Qujaukitsoq était le président fondateur de l’association Hingitaq 53 pour les droits des expulsés de 1953.

Chef du comité d’enquête sur le crash du B-52 près de la base de Thulé en 1968.

En 1971, il a été élu pour la première fois au conseil municipal de Qaanaaq, où il a siégé pendant de nombreuses années en tant qu’adjoint au maire.

De 1984 à 1995 : membre de délégation à l’Inuit Circumpolaire Council.

2002 :  « Award for Bravery », de la part de la municipalité.

En 2003, il est l’auteur du film Aulahuliat, qui témoigne du conflit entre Inughuit et Américains.  Ce film a été présenté en 2012 à Berlin pour la première du festival « Greenland Eyes ».

2004 : Il reçoit la « Royal Rewards Medal » et la même année : « l’Inuit Circumpolar Council Human Rights Award ».

Pour ses services pendant des décennies, il a reçu le Nersornaaten argent (la plus haute décoration groenlandaise) le 9 août 2016.

©Jean Malaurie. 4 juin 1951 – Cairn de Jean MALAURIE. Expédition géo-morphologique de Jean MALAURIE de fin mars à juin 1951 en Terre d’Ingelfield dont il cartographie les côtes et la bordure du plateau. Le 4 juin 1951, il entreprend un raid audacieux sur l’île déserte d’Ellesmere, où il risque d’être condamné à hiverner. En effet, la banquise séparant le Groenland du Canada commence à se fendre. Jean MALAURIE voulait, avec l’accord des Inuit, comparer et mesurer la hauteur comparée des plages soulevées dans l’île canadienne vierge d’Ellesmere et du Groenland.

Equilibri artici. L’umanesimo ecologico di Jean Malaurie

di Giulia Bogliolo Bruna - CISU, 2016

« Equilibri artici. L’umanesimo ecologico di Jean Malaurie » ripercorre l’itinerario intellettuale dell’eclettico studioso, « monumento » della cultura francese cui hanno reso un vibrante omaggio il mondo accademico e la sfera istituzionale. Attingendo a un ricco ed inedito materiale documentario, questo saggio, traduzione italiana di « Jean Malaurie: une énergie créatrice » (Parigi, Armand Colin, 2012) ne illustra la feconda creatività che si è espressa in una pluriforme – ma organica – produzione scientifica ed editoriale.

Recensione (di René Maury): 

Già pubblicato in Francia con il titolo Jean Malaurie, une énergie créatrice, questo volume, nella versione italiana tradotta e completata dall’Autrice, offre una vasta panoramica della densa attività di un grande esperto delle aree artiche, Jean Malaurie, sebbene meno noto in Italia di un altro esploratore francese delle zone polari, l’etnologo Paul-Émile Victor, o, in altro ambiente, di Jacques-Yves Cousteau, esploratore oceanografico. Mostro sacro degli ambienti artici e instancabile ricercatore sia solitario che con spedizioni scientifiche, Malaurie, geografo di formazione ma noto come etno-storico-sociologo, comunque a cavallo tra la geomorfologia, l’antropologia, la geografia umana e l’ecologia scientifica, ha segnato un’epoca, privilegiando le ricerche sul campo, e associando sempre ad esse i popoli artici dalla Groenlandia alla Siberia, fra i quali egli si insediava per mesi, impegnato in osservazioni ed interviste.

Il denso volume, curato da Giulia Bogliolo Bruna – a sua volta etnostorica e antropologa, membro della Società Geografica Italiana e di altre società scientifiche, studiosa anche di popolazioni Inuit e impegnata in altri campi di studi americanistici – appare come un ampio percorso soggettivo nella vastissima attività di Malaurie, mettendo a disposizione del lettore una ricca documentazione basata su testi originali, citazioni di lavori pubblicati o di materiali orali, lettere e discorsi dall’archivio personale – aperto per l’occasione all’Autrice – un corredo fotografico e una densa bibliografia articolata; insomma un omaggio al poliedrico studioso, una biografia intellettuale di Malaurie.

Dai sei capitoli, che vanno dal richiamo che il Nord ha presto esercitato su Malaurie, alle prime ricerche geomorfologiche e cartografiche, alla progressiva “inuitizzazione” dell’autore e al richiamo al sacro nel frequentare le comunità nordiche, fino all’impegno militante dell’intellettuale umanista, rileviamo piuttosto agevolmente la sua formazione geografica. Dai primi approcci sul campo in Marocco e nel Sahara, per restare comunque ancorato alll’affascinante natura del deserto e nel contempo per fuggire al mondo accademico, egli si dirige verso la quasi sconosciuta Groenlandia, su consiglio del maestro della geografia Emmanuel de Martonne, prima come geografo delle Expéditions polaires françaises del noto Paul-Emile Victor, e poi spesso in solitario presso i popoli Inuit; fino a essere titolare della prima cattedra di Geografia polare all’Istituto di Geografia di Parigi.

Un lungo capitolo è dedicato alla sua attività editoriale, con la creazione della fortunata collana editoriale Terre Humaine, aperta col suo saggio Les derniers rois de Thulé (1955, sulla comunità Inuit groenlandese travolta e in parte dispersa dalla creazione della base militare nucleare americana di Thulé), seguito dal noto Tristes tropiques dell’antropologo Claude Lévi-Strauss, e tuttora attiva per la diffusione di lavori non di taglio esclusivamente universitario.

Un’altra parte del volume tratta della cura di Malaurie per l’archiviazione e la valorizzazione del materiale antropologico, anche orale, e per la costituzione – associandovi sempre collaboratori Inuit – di una struttura di ricerca col Centre d’Études Arctiques, oggetto di interesse anche in Canada, Danimarca e Russia.

Ancora da segnalare nel libro la prefazione di Anna Casella Paltrinieri e la postfazione di Luisa Faldini, co-direttrice con Elvira Stefania Tiberini della collana italiana “Etnografie americane” (nella quale è inserito questo volume). Da esse traspare ulteriormente l’impegno di militante politico-ecologico di Jean Malaurie, già dalla sua azione di partigiano durante la Seconda guerra mondiale, oggi sempre pronto a denunciare con proclami, documenti e testimonianze locali i mali interni ed esterni dei popoli marginalizzati del Grande Nord, ai quali egli resta tuttora visceralmente legato.

di Giulia Bogliolo Bruna

Présence exceptionnelle de Jean Malaurie à Blois aux 21es Rendez-vous de l’Histoire

Professeur Jean MALAURIE est invité en qualité de « Grand témoin », une place d’honneur, le dimanche 14 octobre à 10h, pour un débat d’une heure animé par le rédacteur en chef de la revue L’Elephant, à l’occasion du plus grand festival des idées en France, LES RENDEZ-VOUS DE L’HISTOIRE – La puissance des images – à Blois.

Oser, Résister – La sagesse des peuples premiers – Sciences et Avenir

Sciences et Avenir - Août 2018 - N°858
La sagesse des peuple premiers

CHAMANISME Mordant, inspiré, Jean MALAURIE […] revient sur son parcours de scientifique et de réfractaire. Le géomorphographe, qui aime à dire qu’il parle avec les pierres – « le son d’une pierre est une parole » – et a été initié au chamanisme, se bat depuis les années 1950 pour les Inuit de Thulé au Groenland, menacés notamment par une base nucléaire américaine. Il nous invite à ralentir nos destructions, à réfléchir à la sagesse des peuples premiers et moque les scientistes, les marxistes ou les Occidentaux aussi obtus qu’imbus d’eux-mêmes. Il appelle à oser, résister et s’aventurer pour « ne pas devenir un peuple de fourmis, manipulé par le verbe, l’image et l’informatique ».

R.M.