Voyage au bout de l’Inuit, chez les « Nouveaux Hommes »

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Chasseur Inuit. illustration ©Le Monde

« Takkuuk ! » « Regarde ! » Jean Malaurie a souvent raconté ce moment glaçant dont il a été l’unique témoin européen le 15 juin 1951, tout au nord du Groenland. L’un de ses deux compagnons eskimos lui touche l’épaule. Le géographe saisit sa longue-vue et ce qui se présente à ses yeux ressemble à un film, « un spectacle inouï qui me fait croire à un mirage ». Une base secrète de l’armée américaine a poussé sur cette côte déserte où, trois mois auparavant, les huttes de Thulé se fondaient dans le paysage.

« Une cité de hangars et de tentes, de tôle et d’aluminium, éblouissante au soleil dans la fumée et la poussière se dresse devant nous. La plus fantastique des légendes prend forme sous mes yeux. »

Depuis douze mois, le jeune chercheur sillonne les côtes gelées en traîneau. Ses recherches géologiques l’ont conduit en 1948 sur les « weasels », les chenillettes motorisées de Paul-Emile Victor, mais il a vite filé seul avec ses chiens vers le nord. Il pousse son exploration au-delà d’Etah, qu’il appelle « Ultima Thulé », l’un des lieux habités les plus proches du pôle Nord. Il s’aventure seul sur la banquise par des froids de – 30 0C et partage l’intimité des Inuits : « Ils me voyaient si proche… écrire, dessiner, cartographier. Au matin, ils me racontaient leurs rêves. »

[…]

Charlie Buffet

http://www.lemonde.fr/festival/article/2016/08/11/voyage-au-bout-de-l-inuit-chez-les-nouveaux-hommes_4981146_4415198.html

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