Le Gröenland, terre de fascination et de curiosité

[France Inter, émission La tête au carré présentée par Mathieu Vidard – mardi 25 octobre 2016]
Le Gröenland inspire toujours fascination et curiosité autour de sa géographie, son climat et ses tempêtes, son histoire avec les Inuits et les Vikings, sa position géopolitique dans le contexte du réchauffement climatique ainsi que « la base militaire nucléaire secrète de l’armée américaine » qui émerge progressivement à cause de la fonte des glaces…
Invité à la table du débat, Jean Malaurie, directeur et fondateur du Centre d’Etudes Arctiques (CNRS/EHESS Paris), Président de l’Académie polaire d’État de St Petersbourg, fondateur de la collection Terre Humaine et auteur de « Les derniers Rois de Thulé ». Son livre culte « Ultima Thulé », enrichi, sera dans les bonnes librairies le 3 novembre prochain. Il vient d’être nommé Président d’honneur de l’institut d’hydro-météorologie arctique à St Petersbourg.
radar thulé
Base américaine de Thulé – Radar

Jean Malaurie :
Les éditions du Chêne vont, le 3 novembre prochain, publier la troisième édition d’Ultima Thulé, De la découverte à l’invasion d’un haut lieu mythique. Ce classique qui a connu une grande diffusion, traduit en quatre langues, bénéficie d’une conclusion supplémentaire « Retour sur Thulé, haut lieu mythique (juin 2016) ». Dans ce texte, je dénonce une fois de plus, la base américaine de Thulé dans un Groenland autonome, dont je demande la fermeture très prochaine. Le Groenland ne peut acquérir l’indépendance souhaitée par le Parlement de Nuuk, et ne peut être effective que par la fermeture de cette base militaire étrangère. Ultima Thulé est d’autant plus engagé dans cette dénonciation,  qu’en début octobre, vient d’être dénoncée une seconde base secrète : au Camp century, à 240 km, à l’Est de la première base. Elle a été ouverte en 1959, en pleine Guerre froide. C’est une seconde base dite scientifique et réservée à l’étude de la glace et du climat. En fait, ultra secrète, elle comportait, à 30 mètres sous la glace, 21 tunnels de 4 000 km ; et disposait d’un réacteur nucléaire portable PM-2A. Dans cette base, étaient entreposés 600 missiles nucléaires au plus près de l’URSS. En 1967, elle a été fermée par l’US Army ; les ogives nucléaires retirées. Toutefois, ce projet, intitulé Ice Worm, n’ayant pas été suivi d’un programme de dépollution, les 55 hectares du site contiennent toujours des glaces contaminées ; 240 000 litres d’eaux usées, 200 000 litres de fuel et l’enceinte de confinement du réacteur nucléaire non-rapatriée. Tout récemment, des chercheurs canadiens ont découvert que, sous l’effet du réchauffement, les voutes des tunnels menaçaient de s’effondrer. La perte de glace n’étant pas compensée par les chutes de neige, la mise au jour des déchets contaminés est une menace pour les mers du Groenland visitées par les baleines, et d’une grande fragilité écologique. Les ruissellements générés par la fonte des glaciers entrainent les résidus chimiques, notamment les déchets d’uranium et les PCB.

Le gouvernement danois en 1968 avait donné son accord, dans une déclaration officielle du Premier ministre Hans Christian Hansen en 1957, selon laquelle ce secteur serait exempte d’armes nucléaires. Aujourd’hui, le ministre des affaires étrangères, Vittus Qujaukitsoq, se dit « préoccupé » par cette menace écologique.

À l’AFP, Kristian Hvidtfelt Nielsen, chercheur en histoire des sciences à l’université d’Aarhus au Danemark, estime que, « d’un point de vue moral, le Danemark et les États-Unis ont tous deux le devoir de nettoyer. Ce sont les Américains qui ont construit la base et ce sont les Danois qui leur ont donné l’autorisation de le faire ».

En tant qu’Ambassadeur de bonne volonté pour l’Arctique à l’UNESCO, j’ai saisi la direction de ce grand organisme pour une enquête approfondie soit conduite sous l’égide de l’UNESCO, pour que toutes dispositions soient immédiatement prises par Washington et par Copenhague, afin de protéger les autorités groenlandaises dans leur politique de protection des toundras déglacées et des mers froides. Dans Ultima Thulé, je milite activement pour que le Nord-Ouest, comme le Nord-Est du Groenland, soit sanctuarisé, ces secteurs étant hautement fragiles, particulièrement aux abords de Thulé. Un code de bonne conduite pour la défense des éco-systèmes a toujours été préconisé par mes travaux de géomorphologue. À quand, la défense de l’homme et de ces peuples autochtones aux civilisations héroïques?

C’est le sens de la nouvelle conclusion d’Ultima Thulé qui plaide pour que sous l’égide de l’UNESCO, cette région mythique habitée par 750 Inughuit, ou esquimaux polaires, en quatre villages, soit qualifiée « patrimoine immatériel de l’humanité ». Tel est le sens du combat de ma vie et de l’objet de la réédition de ce livre très largement augmenté.

Ecouter l’émission : 
https://www.franceinter.fr/emissions/la-tete-au-carre/la-tete-au-carre-25-octobre-2016

« Quand on ne respecte pas la terre, elle se venge »

Les Informations Dieppoises 10/10/2016 à 16:45 par Camille Larher
Le Dieppois Jean Malaurie, géocryptologue, naturaliste, ethnologue ou encore fervent défenseur de l’écologie, publie une partie de son travail sur le Groënland.

Arctica tome 1, écosystème arctique et haute latitude est le premier opus d’une série de quatre ouvrages, sur quel thème se concentre-t-il ?

Il faut commencer par le commencement. Cet ouvrage rassemble 750 articles de ma vie scientifique dont un tiers est inédit. Ils traitent de l’écosystème, ce à quoi j’ai voué ma vie. Alors qu’est-ce qu’un écosystème ? C’est un système qui concerne la nature. Je suis le premier homme à avoir mené une expédition au Groënland, à avoir réalisé une carte de cet espace, tout en côtoyant les Inuits, mes compagnons. Ma spécificité est la géocryologie, c’est-à-dire l’étude du gel dans la pierre. Ce qui me hante, ce sont les origines. Avec le temps, les falaises ordoviciennes, ce qui correspond à -500 millions d’années, forment des éboulis.

Ce livre montre qu’il y a un ordre dans la nature, un écosystème. La nature, elle-même, organise l’ordre. La nature a une énergie et au fil du temps, la pierre subit des éboulements. Puis les éboulis vont bouger pour donner des formes très variables. Ceux-ci ont des strates qui veulent dire des choses. Ce livre est très important car il montre qu’il y a une homéostasie, c’est-à-dire que le système s’autorégule dans un certain équilibre. C’est Gaïa, la terre.

Cet ouvrage est donc un livre d’écologie ?

Oui, c’est un grand livre d’écologie. Je suis un géophilosophe, je pense qu’il y a une pensée dans la terre. Comme James Lovelock, un des maîtres de ce courant scientifique et philosophique. J’ai vécu avec les Inuits et ils cherchent à me transformer car ils sont naturés. Ils ont une pensée sauvage. Jusqu’alors, personne n’a compris les archéo-civilisations animées par le chamanisme et l’animisme. Pourtant, les Inuits ont vécu des milliers d’années de manière isolée. La nature a sa logique.

Cet ouvrage montre comment l’humanité s’est construite. En réfutant la vision biblique d’Adam et Ève mais aussi la théorie de l’évolution de Darwin. C’est une pensée et une méthode. Ce livre est un support pour les écologistes. Il dit clairement, sachez respecter la terre ! Aujourd’hui, le nucléaire veut forcer la nature, mais un jour elle se vengera…

Pouvez-vous justement faire un lien entre ce respect de la nature et les catastrophes climatiques auxquelles nous devons faire face ?

Il y a huit jours des événements majeurs se sont produits. Quand la base militaire de Thulé s’est construite en 1951, au Groënland, j’étais contre. Pour ce faire, des populations ont été déplacées. J’avais demandé à ce qu’aucun avion n’ait de bombes nucléaires et en 1968 un bombardier s’est écrasé avec quatre bombes.

Des tunnels ont également été creusés au Camp Century pour rejoindre plus facilement Moscou et Pékin, avec à l’intérieur un petit réacteur nucléaire. Mais en 1967, cette base a été abandonnée mais il y a encore des déchets nucléaires. Et avec le réchauffement climatique, la glace fond et rejette tout cela dans la mer. Nous sommes tous concernés par cette pollution. C’est une véritable catastrophe ! Un incident mondial car les courants circulent. L’Unesco (organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture) veut faire une enquête.

Sur quel thème se portera le sujet du deuxième volume d’Artica ?

Là, dans ce premier volume, je m’intéresse à l’étude des éboulis et le prochain ouvrage parlera de la Sibérie. Notamment du district autonome de Tchoukotka où j’ai dirigé une expédition unique dans les années 90. Avec huit savants, nous présenterons nos recherches. Il faut défendre la nature et quand on défait le système, il faut faire attention. Car aujourd’hui, cette région est polluée et nous ne devons plus faire semblant.

Quel est votre avis de scientifique sur la tornade qui a touché les Antilles et une partie des États-Unis la semaine dernière ?

La nature est de plus en plus agressive et en Europe aussi les choses vont changer. La Cop 21 est vitale ! Il faut que l’homme respecte la nature. Arctica est un livre d’alerte. Arrêtons d’être irresponsables. À Thulé, il faudrait enlever 120 tonnes de neige et de gel chaque mois. En Sibérie, le CO2 sort petit à petit des zones dégelées à cause du réchauffement climatique. L’enjeu aujourd’hui est de réussir à l’enfermer mais on ne sait pas comment faire… Des gens là-bas meurent à cause d’une bactérie destructrice conduisant à des infections pulmonaires.

Aujourd’hui, que représente le peuple des Inuits ?

Ce sont des peuples qui vivent dans le Nord et qui sont venus de Sibérie il y a 10 000 ans. Ils ont franchi le détroit, et il y a 4 000 ans, ils sont arrivés au Groënland. Ce sujet sera l’objet du tome 3 d’Arctica. Leur situation est dure aujourd’hui car les jeunes boivent, se suicident. On a déraciné leur culture avec le catholicisme. Ce peuple vit une crise dramatique en profondeur. Tous les peuples autochtones ont des difficultés. Tous les quinze jours, un peuple autochtone disparaît et souvent, on a tout fait pour le détruire. Je suis pour l’écologie et la biodiversité culturelle. Il faut être fier d’avoir des racines. Comme il faut être fier d’être Dieppois sinon nous n’avons plus de culture. La science sans conscience n’est que perte de l’âme ! Le primitif a compris qu’on ne peut pas maltraiter la nature… On peut inventer un autre système de vie.

http://www.lesinformationsdieppoises.fr/2016/10/15/quand-on-ne-respecte-pas-la-terre-elle-se-venge/

« Nous sommes en train de ruiner la terre » le cri de douleur d’un humaniste

VALERIE MASSON-DELMOTTE, JEAN-PIERRE ELKABBACH, JEAN MALAURIE, HELENE VALADE ZHAO QI MENG ET JEROME BIGNON - ENREGISTREMENT DE L'EMISSION 'BIBLIOTHEQUE MEDICIS', SUR PUBLIC SENAT
Valérie Masson-Delmotte, Jean-Pierre Elkabbach, Jean Malaurie, Hélène Valade, Zhao Qi Meng et Jérome Bignon – ©Enregistrement de l’émission « Bibliothèque Médicis »sur Public Sénat

Que vaut la parole d’un Inuit face aux lobbys pétroliers ? Au moment où 170 pays sont réunis à Paris pour la Cop 21, Jean-Pierre Elkabbach reçoit dans son émission « Bibliothèque Médicis » Jean Malaurie, ethno-historien, géographe, physicien et écrivain connu pour ses nombreuses expéditions au pôle nord, premier homme au monde à avoir atteint le pôle géomagnétique Nord et établir la généalogie d’un groupe de plus de 300 Inuits.Il nous alerte, nous réveille, nous questionne sur l’ignorance dont nous faisons preuve à l’égard de ces peuples au plus proche de la nature, non représentés à la Cop 21 et qui subissent pourtant de plein fouet les effets du réchauffement climatique. 

 « Nous sommes habités depuis toujours par un esprit de supériorité qui nous fait dire que nous sommes des scientifiques, que nous sommes en avance, mais nous sommes en train de ruiner la terre. »

Jean Malaurie se définit comme contestataire, un défenseur de ces peuples non conviés aux réunions mondiales sur le climat et qui pourtant vivent au plus près des éléments, et de la nature.

Qu’ont à dire ceux qui sont en première ligne, les premiers touchés par la fonte des glaces et la montée des eaux ? A l’heure de la Cop 21 que pensent-ils ? Ce sont à ces questions que répond l’auteur de « Lettre à un Inuit de 2022 »,(éditions Fayard) ouvrage dans lequel il s’adresse à un Inuit et lui demande de se réveiller, de construire, d’incarner l’opposition au dérèglement climatique.

Le Groenland est l’endroit du monde où les effets du réchauffement climatique sont les plus visibles et s’il est un homme qui connait bien cet endroit c’est bien  Jean Malaurie, l’homme qui a donné un nom à celui qu’on appelait de façon péjorative « l’esquimau » est allé à la rencontre des Inuits qui habitent les zones glaciales et qui a vécu avec eux.

« Vivre avec les Inuits c’est vivre le changement climatique, l’inuit adapte sa vie au climat, change ses habitudes, modifie sa façon de manger, de dormir, de se reproduire […] ils avaient depuis longtemps connaissance du bouleversement que nous traversons, ce sont eux qu’il faudrait écouter. », poursuit Jean Malorie avant d’interroger « pourquoi ne sont ils pas consultés, ni même représentés ? ».

Jérôme Bignon sénateur (LR) de la Somme qui représente le Sénat à la Cop 21, reconnaît cette erreur, mais rappelle que la communauté internationale change peu à peu de paradigme et regarde les choses autrement, il souligne que la Cop 21 est probablement l’un des derniers moments de l’humanité où il est possible d’inverser la tendance.

Jean Malaurie reconnait les récents efforts et la volonté des 170 pays de se réunir pour trouver une solution commune mais regrette le traitement infligé aux Inuits depuis toujours que l’on a déculturé, auxquels on a voulu imposer notre pensée et notre progrès sans jamais s’intéresser au caractère sauvage de leur pensée, à la sagesse de leur mode de vie.

« Levis Strauss, » dit-il « nous a montré que la pensée sauvage, le savoir sauvage est une philosophie  […] Le savoir Inuit est actuel, sa sagesse est nécessaire, son chamanisme rend possible la vie sur terre, dans leur pensée profonde,  la nature a des lois imprescriptibles, les rompre provoquerait les pires des malheurs. C’est exactement ce que nous faisons. »

C’est ce progrès dont nous sommes si fiers que le géographe montre du doigt, il s’agit pour lui « progrès criminel » qui se fait au détriment de ces peuples et que c’est notre modèle de développement, source de tous nos maux, qui est à réinventer.

« Notre pensée sur le progrès n’a pas changée, il faut modifier notre attitude par rapport au progrès, il faut une révolution spirituelle […] Tous les quinze jours, une langue disparaît, et avec cette langue c’est une civilisation et notre intelligence d’homme que nous sommes en train de dilapider. »

Jean Malaurie combattant fidèle et pugnace aux côtés des Inuits dont la pensée est une « médiation contemplative », une philosophie de la nature à laquelle nous devrions nous laisser aller pour que les décisions à prendre deviennent évidentes.

S’il souhaite que la Cop21 débouche sur un accord universel et contraignant, il se méfie des décisions prises par ceux qui nous dirigent et des décisions scientifiques qui pourraient en découler.

« Je me méfie du terme scientifique car au dessus de la science, il y a la sagesse », avant de conclure que la sagesse vient  des hommes les plus simples et qu’un jour nous aurons besoin de cette intelligence.

Jonathan Benzacar

La Terre n’appartient pas à l’homme

L’ethno-historien et géographe-physicien Jean Malaurie adresse un cri de révolte aux Inuits afin que ce « peuple racine » devienne nos sages face aux effets du réchauffement climatique. Interview.

[EXTRAIT]

Il se dit chamanisé. Peut-être est-il un ours réincarné en homme aux sourcils broussailleux, la stature haute malgré le poids des ans, et la voix de stentor. A 92 printemps, Jean Malaurie en impose toujours, surtout quand il vous prend par les épaules en signe d’affection: « Croyez-vous que l’on a fait une belle interview? » interroge-t-il. Après avoir consacré sa vie à la banquise – pas moins de 31 expéditions -, il demeure le plus fervent porte-parole des Inuits qui vivent en osmose avec la nature depuis des millénaires et dont il a embrassé l’animisme.

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Jean Malaurie à Dieppe, 2015 ©Photo Florence Brochoire pour L’Express
Dans quelques semaines se tiendra à Paris la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP 21). A vous lire, l’Arctique, cette région qui entoure le pôle Nord, pourrait être une des oubliées des négociations. Pourquoi?

Une fois encore, ce ne sont pas les bonnes personnes qui vont s’exprimer: avant les chefs d’Etat, il aurait fallu écouter les peuples autochtones du monde entier, que les Russes surnomment affectueusement les « peuples racines ». Les habitants du Grand Nord, mais aussi ceux qui vivent au coeur des forêts brésiliennes, dans les déserts australiens, sur les îles mélanésiennes ou encore en Afrique centrale.

En ce qui concerne le Groenland, ce sont, en effet, les Inuits qui subissent frontalement les effets du changement climatique. Eux, qui doivent repousser leur saison de pêche ancestrale parce que la glace est moins épaisse; eux, qui ne chassent plus le caribou car il est devenu trop rare au Nunavut (territoire au nord du Canada). Eux, enfin, qui voient chaque jour la banquise fondre – elle a perdu 30% de sa surface en trente ans! Avec des conséquences désastreuses: hausse du niveau de la mer, dégel du pergélisol, déplacement des populations, etc. Face au réchauffement, il y a urgence à mettre en place un protocole climatique et écologique sur le Grand Nord. Je rêve qu’à terme nous considérions enfin l’Arctique comme un patrimoine commun à l’humanité et que nous le sanctuarisions comme l’Antarctique.

Vous continuez à vouloir être le porte-parole des Inuits et leur adressez, par l’intermédiaire de votre livre, un cri d’alarme sur le même ton que le fameux Indignez-vous!, de Stéphane Hessel. A 92 ans, vous êtes toujours révolté?

[…]

Bruno D. Cot

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/environnement/jean-malaurie-la-terre-n-appartient-pas-a-l-homme_1729792.html