Prix Jean Malaurie – Festival du film canadien

Vendredi 29 mars dernier, dans le cadre du Festival du Film Canadien de Dieppe, a été organisée une Cérémonie en mon honneur en présence de Son Excellence Madame Isabelle HUDON, Ambassadrice du Canada.

Isabelle HUDON, Ambassadrice du Canada en France, et Professeur Jean MALAURIE – copyright Brice Menou

Lors de cette cérémonie, j’ai remis personnellement le nouveau « Prix Jean Malaurie » à Lucy Tulugarjuk, réalisatrice inuite originaire d’Igloolik (Nunavut), pour son très beau film « Tia and Piujuq ».

Lucy Tulugarjuk, réalisatrice, actrice canadienne inuite et chanteuse de gorge, récompensée par le Professeur Jean Malaurie – copyright Brice Menou

« Tia and Piujuq » (film) : Tia est une petite Syrienne de 10 ans, qui vient d’arriver à Montréal avec ses parents. Elle passe son premier été à donner un coup de main à son oncle, épicier d’un quartier multi-ethnique. En flânant dans la ruelle située en arrière du magasin, Tia découvre une porte magique qui la transporte immédiatement en plein coeur de la toundra arctique. Là, elle fait la connaissance de la petite Piujuq, avec qui elle devient amie et qui l’initie aux mystères de ses croyances ancestrales

Lucy Tulugarjuk recevant le Prix Jean Malaurie des mains du Professeur – copyright Brice Menou

Ce « Prix Jean Malaurie » doit, chaque année, valoriser et récompenser la pensée autochtone amérindienne ou inuit canadienne dans le cadre de leurs œuvres cinématographiques d’un réalisateur ou d’une réalisatrice de Nunavut, de Nunavik, du Yukon, du Labrador ou tout espace canadien habité par un peuple racine.

Cérémonie d’honneur Jean Malaurie en présence de Son Excellence Madame Isabelle Hudon, Ambassadrice du Canada ; Monsieur le sous-Préfet, Jehan-Eric Winckler ; Monsieur le Député, Sébastien Jumel ; Madame la Sénatrice et Présidente de la commission éducation et culture au Sénat, Catherine Morin-Désailly ; Monsieur le Vice-Président du Département de la Seine-Maritime, André Gautier ; et Monsieur le Maire de Dieppe, Nicolas Langlois – copyright Brice Menou

 

Le festival international du cerf-volant à Dieppe

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©Jean Malaurie 2016

Depuis 15 ans, Jean Malaurie réside l’été à Dieppe. Face à la mer, il poursuit son oeuvre d’écrivain.

Dieppe, ville au passé extraordinaire, capitale oubliée de l’exploration, dont les grands noms de Jehan Ango, armateur corsaire ; Jean Sauvage, premier navigateur français méconnu à ouvrir la route maritime du Nord en 1553, ouvrant la porte de la Russie à la France ; Jean Ribault, capitaine de la marine et découvreur de la Floride française en 1562 ; Jean  Cousin, cartographe célèbre et navigateur expérimenté ; Jean Parmentier, navigateur, qui, avec son frère Raoul,  seront les premiers français à doubler le cap de Bonne-Espérance en 1530 ; peinent à trouver leur place dans l’offre culturelle dieppoise.

Pourtant, Dieppe déborde d’atouts, avec notamment un festival international du cerf-volant. Cette 19ème manifestation, placée sous le signe des arts premiers, compte une quarantaine de délégations, dont des sociétés amérindiennes, nord-américaines et Inuits. Je suis allé naturellement à leur rencontre, me frayant un chemin parmi tous ces cerfs-volants dominés sur la plage par une puissante baleine du groenland de 20 mètre de long, qui arrive étonnement à remuer ses nageoires latérales et sa nageoire caudale pour flotter dans les airs. Ce n’est pas la baleine blanche de Moby Dick, mais c’est la baleine que j’ai connu dans le détroit de Béring, alors que j’étais à la tete dune mission soviéto-française en 1990 ; je me déplaçais en compagnie de chasseurs des 1 800 Yupigeat, les derniers esquimaux d’Asie.

Baleine du groenland ©Jean Malaurie

Ce 19ème festival est sous le patronage du Canada, dont tout dieppois reconnait sa dette en oubliant jamais la tentative du débarquement 19 aout 1942 qui a couté la vie à plus de 2 000 jeunes canadiens, morts sur la plage, trahis par le destin.

Les cerfs-volants ont la faculté de faire rêver. Pour cette patrie d’explorateur qu’est Dieppe, c’est retrouver un peu ce destin extraordinaire de découvreurs qui est le sien. Qui plus est, ces figures flottantes se réfèrent aux animaux fabuleux thaïlandais, cambodgiens, chinois, etc. contés dans les légendes d’exploration. Pendant 8 jours, le ciel nous a fait vivre les grands mythes qui sont fondateurs des toutes premières relations sensorielles et intellectuelles de l’homme avec l’invisible.

19e festival international du cerf-volant, Dieppe ©Jean Malaurie