Opération testamentaire de Barack Obama : sanctuarisation d’une partie de l’Arctique

Le président américain Barack Obama à Washington, le 16 décembre 2016 Photo ZACH GIBSON. AFP

Le Président Barack Obama vient de prendre une décision testamentaire qui honore les États-Unis. À un mois de son départ de la Maison-blanche, s’appuyant sur une loi de 1953, il assure la protection des eaux atlantiques et arctiques sous législation américaine. Elle ne sera pas seulement de 5 ans, mais permanente dans le temps. La quasi-totalité des eaux arctiques relevant du gouvernement fédéral, soit 46 millions d’hectares, sont désormais interdites de nouveaux forages : Mer des Tchouchtes ; Mer au large de l’Alaska. Le Premier-Ministre Justin Trudeau vient  d’annoncer l’interdiction de nouvelles explorations pétrolières et gazières dans les eaux arctiques canadiennes.

N’hésitant pas à s’opposer aux climato-sceptiques de l’entourage du futur Président Donald Trump, Barack Obama défie ainsi son successeur.  Ce dernier avait promis en effet, dans ses réunions publiques et ses interventions télévisées, de déréguler l’extraction pétrolière et gazière durant tout son mandat. Le Président Barack Obama peut être considéré par les peuples arctiques et par toutes les nations, suite à cette décision historique datée du mardi 20 décembre 2016, comme un bienfaiteur de l’humanité.

La conférence circumpolaire de fin 2017, qui est en préparation à Paris sous les plus hautes instances, ne pourra que se réjouir de cette décision de grandes conséquences pour l’avenir des  Inuits et des Nord-sibériens.

Jean Malaurie

This June 15, 2015 file photo shows kayakers trying to block the departure of the Shell Oil “Polar Pioneer” rig platform as it moved from Elliott Bay in Seattle, Washington. Oil giant Shell has resumed offshore drilling operations in Alaskan waters, the company said July 31, 2015, after one of its icebreakers was delayed for nearly two days by protesters dangling from a bridge. Greenpeace activists were suspended from a bridge and in kayaks in the water for more than 40 hours in an effort to block the Fennica icebreaker from traveling to the Transocean Polar Pioneer rig in the Arctic Ocean. Shell said drilling operations resumed July 30, 2015 at 5:00 pm (0100 GMT Friday) at the « Burger J » prospect in the Chukchi Sea, off the northwest coast of Alaska. AFP PHOTO / TIM EXTON

Le festival international du cerf-volant à Dieppe

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©Jean Malaurie 2016

Depuis 15 ans, Jean Malaurie réside l’été à Dieppe. Face à la mer, il poursuit son oeuvre d’écrivain.

Dieppe, ville au passé extraordinaire, capitale oubliée de l’exploration, dont les grands noms de Jehan Ango, armateur corsaire ; Jean Sauvage, premier navigateur français méconnu à ouvrir la route maritime du Nord en 1553, ouvrant la porte de la Russie à la France ; Jean Ribault, capitaine de la marine et découvreur de la Floride française en 1562 ; Jean  Cousin, cartographe célèbre et navigateur expérimenté ; Jean Parmentier, navigateur, qui, avec son frère Raoul,  seront les premiers français à doubler le cap de Bonne-Espérance en 1530 ; peinent à trouver leur place dans l’offre culturelle dieppoise.

Pourtant, Dieppe déborde d’atouts, avec notamment un festival international du cerf-volant. Cette 19ème manifestation, placée sous le signe des arts premiers, compte une quarantaine de délégations, dont des sociétés amérindiennes, nord-américaines et Inuits. Je suis allé naturellement à leur rencontre, me frayant un chemin parmi tous ces cerfs-volants dominés sur la plage par une puissante baleine du groenland de 20 mètre de long, qui arrive étonnement à remuer ses nageoires latérales et sa nageoire caudale pour flotter dans les airs. Ce n’est pas la baleine blanche de Moby Dick, mais c’est la baleine que j’ai connu dans le détroit de Béring, alors que j’étais à la tete dune mission soviéto-française en 1990 ; je me déplaçais en compagnie de chasseurs des 1 800 Yupigeat, les derniers esquimaux d’Asie.

Baleine du groenland ©Jean Malaurie

Ce 19ème festival est sous le patronage du Canada, dont tout dieppois reconnait sa dette en oubliant jamais la tentative du débarquement 19 aout 1942 qui a couté la vie à plus de 2 000 jeunes canadiens, morts sur la plage, trahis par le destin.

Les cerfs-volants ont la faculté de faire rêver. Pour cette patrie d’explorateur qu’est Dieppe, c’est retrouver un peu ce destin extraordinaire de découvreurs qui est le sien. Qui plus est, ces figures flottantes se réfèrent aux animaux fabuleux thaïlandais, cambodgiens, chinois, etc. contés dans les légendes d’exploration. Pendant 8 jours, le ciel nous a fait vivre les grands mythes qui sont fondateurs des toutes premières relations sensorielles et intellectuelles de l’homme avec l’invisible.

19e festival international du cerf-volant, Dieppe ©Jean Malaurie